La base de la céramique, c'est la terre, l'argile. On la trouve à l'état naturel un peu partout dans le monde, c'est une roche à part entière dont le caractère imperméable est à l'origine de la formation notamment du... pétrole !
Récupération d'argile affleurante sur un talus d'une route d'Auvergne avec les céramistes frédéric le Fur et Martine Adeline lors d'un stage l'été dernier dans leur atelier.
Selon sa composition chimique, on parlera de terre à faïence (cuisson dite de basse température vers 1000 degrés celcius), de grès (cuisson 1200/1300 degrés) ou de porcelaine (1400 degrés).
On y ajoute ensuite de l'eau pour la rendre malléable, puis de l'air pour lui donner sa forme. Dans les traditions asiatiques (souvent sous l'influence des spiritualités zen ou taoïstes, on considère le pot ou le bol comme un vide « entouré » de terre).
Ensuite, c'est la cuisson par la magie du feu. On vient d'utiliser la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu. La deuxième cuisson correspond à l'émaillage et fait intervenir un nouvel élément le métal.
Les couleurs et effets de texture sont obtenus grâce à des oxydes métalliques ; chaque oxyde donne une ou plusieurs couleurs après cuisson. Les oxydes de base sont le cobalt qui produit le bleu, le cuivre qui peut se transformer en vert ou en turquoise, le fer qui peut donner du jaune ou du rouge, le manganèse qui donne les bruns ; le rose, ou pourpre, est obtenu par le chlorure d'or !
Petite tasse devant notre bougainvilier en fleur réalisée la semaine dernière avec une couverte à base de cobalt, cuivre et fer (plus un effet nacré en superposition).
Le dernier élément est le bois. Il est un auxiliaire important dans la réalisation d'une pièce puisqu'il compose les outils : le tour (traditionnel à pied), les plaques, rouleaux, bambous, outils de modelages ou de lissages, plans de travail, etc. Le bois est un aussi combustible « noble » pour les fours à bois, les cuissons primitives et les enfumages.
Petit rappel concernant le Yin et le Yang dans la philosophie taoïste (qui date du cinquième siècle avant jésus christ) : « le Yang, c'est le soleil, la lumière, la chaleur, la force mâle, le positif, d'autre part le Yin, c'est la lune, l'obscurité, la froideur, l'énergie féminine, l'intériorité. De l'interaction de ces deux notions, de leur équilibre et de leur alternance naissent tous les phénomènes de la nature. »